Il fait beau au Liban. Regarde entre les gouttes... l'orage
Il fait beau au Liban. Vient réveiller mes doutes ... dommage.
Et la plage, et toi nue, je t'effleure comme dans mon Liban
Et ma rage contenue, il fait beau et je pleure pourtant ...
Petites tranches d'une année universitaire au Liban, à déguster sans modération ...
samedi 29 janvier 2011
mardi 18 janvier 2011
Comme une bille de flipper
La bille s’élance, violemment éjecté par le ressort. Elle monte, toujours plus haut, à une vitesse folle. Mais ne parvient pas à accéder à cette piste inclinée, remplis de boutons-propulseurs qui clignotent tous, plus fort les uns que les autres. Cette piste, qui sera son terrain de jeu, est encore trop loin.
L’avion démarre et s’envole pour la France. Il atterrit bientôt à Chypre, puis à Roissy-Charles de Gaulle.
Le ressort projette de nouveau la bille, afin qu’elle parvienne enfin à son objectif. La bille repart de plus belle.
Le train Paris – Valence n’arrive qu’avec une heure de retard. Le TER Valence-Risoul part, lui, à l’heure, comme si fin du voyage approchait, comme un mirage. Il s’arrête rapidement, pour plus d’une heure de pause. Le temps s’allonge. Il dure comme jamais.
Elle grimpe le long des deux tiges de bois, et arrive au sommet. Avec un vide scintillant sous ses yeux.
Le train arrive à Risoul. Il fait nuit. Il est deux heures du matin. Je suis parti la veille à quatre du matin. Le quai de la gare est enneigé.
La bille n’a plus qu’à se laisser aller. La gravité fait le reste. Elle n’est plus maitresse de son destin. Elle commence sa descente, et est secoué tout de suite par ce petit bouton rouge en haut à droite de la piste. Celui-ci même considéré comme l’un des moins accessibles. Celui-ci rapportant environ 1000 points et un bonus X2.
Elle m’attend sur le quai de la gare. Ça valait la peine d’attendre.
Tout va très vite, la bille rebondit de toutes parts. + 100 !!! X3 !!! + 1000 !!! Des néons plein les yeux. Ça monte, ça descend, et remonte. C’est vertigineux. Tout va très vite. Tout va trop vite.
Entre des retrouvailles, une après-midi de ski, des balades, des luges et des igloos. Les bonheurs s’entrechoquent et me balancent. Ces bonheurs m’ancrent ici, alors que je suis là-bas.
La bille se fige. N’avance plus qu’au ralentie, comme pour observer, comme pour réaliser, comme pour profiter. Et soudain, retombe jusqu’en bas de la piste. Et relancé in extremis par le flipper gauche, elle repart.
La vie passe, et les habitudes se retrouvent. Comme avant. Je suis revenu. On reste ensemble. On y va. On continue.
Une nouvelle frénésie de points gagnés, de bonus, de loopings. Le compteur s’affole. Le joueur n’en revient pas. La bille semble épuisée.
La famille, les amis, le champagne et le réveillon au 3 Couronnes. Rien n’a semblé changer. Tout parait simple.
Elle tombe. A la verticale. En plein milieu de la piste. Rien ne contredit sa trajectoire. Le joueur tape des deux cotes du flipper. Rien n’y fait. Elle vient finir sa course en bas du flipper. Elle est OUT.
Roissy Charles de Gaulle toujours. Deux semaines plus tard. Les bagages sont enregistrés, le billet composté. Des adieux comme des adieux. Et le manque qui réapparait.
Nouvelle bille : Même joueur joue encore.
Retour à Beyrouth.
La bille se laisse de nouveau aller. Mais le billard semble avoir changé. Elle de nouveau secoué de part en part. Elle remporte de nouveau des points. Mais ceux-ci paraissent ridicules par rapport au précédant.
La rentrée scolaire se fait. Les amis réapparaissent. La bonne année se souhaite avec du retard.
La bille descend vers le bas de la piste.
Les repères d’avant sont flous. Les partiels approchent. Je suis encore la-bas mais de nouveau ici.
La bille tombe. Elle est Out.
Deux semaines passent. Trop longuement.
Ciel bleu dehors, nouvelle journée. Sur le ressort, la boule posée. Il joue encore, le joueur est prêt
Je suis d’accord. Manque de clarté. La métaphore, j’suis désolé. Mais bon, j’m’en sors, pas de quoi flipper.
samedi 11 décembre 2010
Comment va la France sans jamais plus Noir Désir ?
OK. C’est fait. Je peux rentrer en France, sans trop de regrets. Yanni … J’en ai besoin aussi.
Oui, ca y est, on a enfin trouvé une coloc. Annie, (prononcé à l’américaine, elle vient des States), journaliste, et très sympa.
Ca y est, j’ai enfin pris mon courage et mon accordéon à deux mains, et je suis allé jouer dans la rue. Avec un coucher de soleil sur le Rocher des Pigeons comme arrière plan, dans un mois de novembre finissant. Avec des jeunes zonant là, des vendeurs de souvenirs m’offrant à boire, et un car de touristes iraniens, pour public. C’était bien.
Ca y est, je commence à rencontrer vraiment des Libanais sympas, et à passer de bons moments avec eux. Entre un concert de rock libanais, une soirée papotage, et une traduction spéciale de Ginette en libanais, il y a une envie d’encore.
Ca y est, j’ai vu le meilleur film de ma VIE. C’est sur et définitif. “The World is big and Salvation lurks around the corner “. Film bulgare, sous-titré qu’en anglais, et que j’ai compris très bien. Oui MONSIEUR ! Oserai-je dire que je progresse en anglais ? Non tout de même, ça serait mentir. Le film de ma vie, oui … peut être pas mon préféré. Mais, l’histoire d’un jeune qui passe son temps à jouer aux dés, et au backgammon, et qui y croie plus que tout, si c’est pas l’histoire de ma vie, je sais pas ce que c’est. Ca fait bizarre de voir ça. Ca fait plaisir.
Ca y est. On l’a enfin faite cette GIGA fête entre colocs. Avec du gros son, un rétroprojecteur d’images psyché au mur, un stromboscope, une bonne centaine de gens partout dans l’appart, on avait rien à envier au SkyBar, BO18, ou autres boites beyrouthines.
Ca y est. Beyrouth se rafraichit, comme pour m’acclimiter aux températures françaises.
J’arrive bientôt. Je pense bien à vous.
Par contre les cadeaux de noël, ca y est pas du tout !!! Si vous voulez que je vous ramène quelque chose du Liban, dites-moi vite.
Merci ! Salut ! ( dixit Benzo )
jeudi 18 novembre 2010
Comment va la France remaniée (?) ?
Pas de cours, pas de PQ, pas d’eau chaude.
Mais les cheveux on ne peut plus crades, un soupçon de puces dans mon lit, un début de tourista, et enfin le temps de donner des nouvelles.
On n’a rien sans rien.
Un lundi férié au Liban, c’est l’occaz d’aller me balader avec un pote à Bourj Hammoud, quartier un peu bordélique, ou, à ciel ouvert, s’étalent toutes les petites merdouilles qu’on trouve dans les petits magasins chinois-fourre tout. Et ou l’on trouve donc facilement une guitare pas trop chère.
Une bonne balade, un bon investissement, y’a de quoi rentrer plutôt content à l’appart.
Mais le problème quand on commence à s’attacher aux gens, c’est qu’on partage leur peine. Et en rentrant à l’appart, il y en a de la peine à l’appart. (je vous passe les détails)
Alors on partage. La peine et l’Arak. Et on continue de chercher une coloc.
Le mercredi soir suivant, c'est le petit colis que Manon a reçu de sa maman qui nous donne l’occaz d’une soirée française !!! En fait c’est juste manger du saucisson et du pâté. Ça fait du bien, mais rien d’exceptionnel. Je pense que c’est très courant chez les expat.
Là ou ça devient intéressant, c’est quand Mr J. arrive.
Mr J. 1m90. La trentaine. Yeux bleux. Cheveux coupés court. Corps bodybuildé. Survêt militaire, trace d'un jogging récent. Ancien membre de la Légion étrangère. Étudiant par correspondance en droit. À Beyrouth, « pour son salut ».
Le spécimen se retrouve dans le salon, un peu par hasard. Pourquoi pas ?
Et là, il commence à parler politique, d'un ton très calme, très posé, très sur de lui. Pourquoi pas ?
Mais ça va durer pendant 4 bonnes heures. Et ses positions vont se révéler de plus en plus craignos. ( je sais pas si ça s'utilise encore le mot craignos, mais là c'est vraiment approprié ).
Mr J. est très proche d'un groupuscule d'extrème extrème droite ( Egalité et Réconciation ).
Mr J nous récite toute le propagande de son mouvement, sans qu'une réelle discussion soit possible.
Mr J. est le symbole d'un bourrage de crâne bien réussi. Il s'en va.
On reste scotché. Choqué pendant plusieurs jours. Plus jamais ça .
Les copains de Syrie viennent le jeudi soir. Jusqu'au samedi. L'occaz pour moi de m'improviser guide touristique de mon quartier. Et de ressentir que je m'y sens vraiment bien.
Entre 5 000, petit café gratos au Salon du Livre, et soirée au Baromètre, le temps passe. Ils rentrent déjà.
Et me laisse à peine le temps de préparer la méga teuf barbec- musique-danse sur la terrasse.
Toujours quelque problème à allumer le barbec ( merci Martin), mais sinon c'est nickel.
Les amis d'amis se rencontrent, se mélangent. Ça boit, ça chante, ça joue de l'accordéon, et ça danse. Ça dissipe un peu la peine du début de semaine dans l'appart.
Enfin une grosse bonne soirée qui finit que lorsque l'on a plus de musique à mettre pour danser.
Même le rangement du lendemain se passe bien. Que demande le peuple ?
WOUAHHHHHH !!! Je me souvenais plus de cette sensation. Celle d'un petit contrôle de connaissance. Ça faisait 6 mois que je n'en avais plus eu.
Le lundi suivant me donna l'occaz de me rafraichir la mémoire. En soit, le sujet était pas top. Du moins il m'a pas marqué, je m'en rappelle plus trop, mais un truc du genre : le totalitarisme est il plus un truc machin ou plus un machin bidule ? Mais les faits sont là. C'est le vrai retour aux choses sérieuses.
Enfin sérieuses. Entendons nous. Les choses sérieuses dans la mesure ou je ne mélange pas le boulot et la vie privée.
Autant dire que de retour à l'appart, c'est la rigolade. La coloc libanaise,qu'on a trouvé la semaine précédente et qui doit emménager, vient, pour nous dire qu'elle emménage pas. C'est reparti pour les recherches. C'est pas très drole encore.
Mais elle a apporté des pâtisseries chocolatées. Et nous comme on est entre gars, on préfère manger des hamburgers. Donc on a plus trop faim pour tous les gateaux. Du coup c'est la bataille de gateaux. C'est pas bien de jouer avec la nourriture. Mais qu'est ce que c'est drole.
Pour rester dans les réjouissances gastronomiques, j'ai enfin trouvé THE PLACE ou boire un petit coup après les cours. Pas vraiment un bar, c'est trop cher dans le coin, pas la cafèt, c'est naze. Juste le marchand de boissons qui fait l'angle. Par exemple, tu prends 3 canettes avec tes copains. Et vous vous asseyez sur le trottoir parce que y'a pas des masses de place. Et là, le patron vous invite à venir vous poser sur ses belles chaises en plastiques, et t'offre cacahuetes et petit remontant. Je découvre, je découvre... Pourvu que ça dure...
Si vous suivez toujours, ce qui m'étonnerait vu la taille de ce commentaire, ( je m'adresse donc juste à Maman qui lit jusqu'au bout : Ca va ? Moi oui. Bisous à la maison. Donnez des news. Je sais pas comment je m'organise pour Noël )
Ok donc maintenant, c'est sur que plus personne lit, et pourtant le meilleur reste à venir.
Donc je fais la fête, je travaille, et j'ai pas mal d'amis.
« Oui, mais Pierre, voyages tu beaucoup ? »
Excellente question ! Non pas des masses, or j'en ressens de plus en plus le besoin. Envie de changer d'air. De casser un peu la routine, même si celle ci est plutot agréable.
Yallah, je me barre en Jordanie, via la Syrie, dans l'espoir de croiser mon pote bossant en Palestine.
C'est parti pour 5 jours plutot ouf.
Et ça démarre très fort.
Vendredi Soir : Attente d'1h30 à la station taxi, pour que le chauffeur remplisse sa voiture. Je tombe sur deux jeunes syriens. Communication difficile mais on se comprend. Pas difficile en même temps. Ils sont très fier de me montrer leur vidéos pornos sur leur téléphones portables. « SEX VIDEOS ! SEX VIDEOS ! ».
La route s'annonce longue. Elle l'est. J'arrive vers 2h du mat à Damas. Un pote de Loic nous y heberge.
Samedi : Visite plutot tranquille de la médina. C'est beau. Si ça intéresse quelqu'un, je veux bien y retourner avec lui. Visite assez libre, pas trop d'attrape-couillons. Mais on rate pas le meilleur, des attrape-couillons. Un vieux sent « qu'on aime la culture » et nous amène au Palais de la Culture. Pas con le type. Il nous fait visiter au pas de course, sans rien dire d'intéressant. « OK ! Prenez ça en photo. OK ! Dépêchez vous. Donc là c'est un mur en pierre, et là c'est des trucs orientals. Les gens dansaient par exemple »
Super, merci. Désolé on va pas te payer coco pour ta visite pourri. A la prochaine inch'allah.
Dimanche : Visite de Bossra. Petite ville du sud syrien. Vestiges romains. J'aime beaucoup. Liberté totale.
Et là, c'est parti !!!
17h : Pas de bus pour la Jordanie. On a mal demandé les horaires.
17h30 : on monte dans un bus vide. Il est ok pour nous emmener à la frontière.
18h00 : traversé de la frontière jordano-syrienne à pied (je raconterai ça a mes enfants)
18h10 : un saoudien nous prend dans son 4X4, intérieur velours, jusqu'au check point suivant. Loic fait la blague de « Oh j'ai perdu mon passeport » TROP DROLE ! Je le retrouve finalement.
19H : je fais la queue au contrôle visa jordanien. Loic cherche une voiture pour Amman
19h30 : on monte dans un taxi. Un libanais dedans nous conseille son hotel pas cher à Amman. On le suit
21H30 : notre pote libanais nous offre même du pain kiri en guise de diner dans la chambre de l'hotel. On regarde le remaniement aux infos. (C'est pas pcq on est des supers aventuriers qu'on doit oublier nos racines.
22H15 : On puise dans nos dernières réserves pour faire un tour en ville. La rue marchande nous convient , le jus de canne bien frais nous déçoit . La musique sort à fond de petites enceintes posées sur le rebord du comptoir. Un mec m'invite à danser. Je ne suis pas farouche, j'y vais.
BOUMMMMMMM !!! C'est réveillon !!! Tout le monde se met à danser. Les gars me prennent, me lancent en l'air. Les petits découpent du sopalin pour faire des confettis. La télé arrive pour filmer. C'est la folie. On se marre bien. On a un peu de mal à partir. C'est fait. On rentre à l'appart.
Lundi : Nikolai, le 3° coloc, nous rejoint. La bande est reformée. Elle se balade dans Amman. Je trouve un jeu de domino pas cher. TROP BIEN ! On part à Jefra visiter d'autres ruines. Je joue aux domino avec un vieux jordanien dans le bus. Je suis bien content. Le site est plutot impressionant. Mais déjà plus cher, et plus bondé que la Syrie. Petit hommous, et petite partie de domino en fumant la chicha. On joue celui qui dort sur le mauvais lit. Je perds. Maalish !
Mardi : Mission Petra !!! LE SITE TOURISTIQUE de Jordanie. C'est galère d'y aller, d'en revenir. Ça coute les yeux de la tête. J'y casse mes tongues. (Paix à leurs ames) Mais ça vaut le coup. Peut etre manquons nous simplement d'organisation.
Mercredi : Dernier jour pour moi. La Mer Morte et le Jourdain. La Mer Morte, on y flotte, c'est vrai. J'ai testé. C'est sympa. Le Jourdain est un piège à touriste. On s'est encore fait piégé. Ça devient pénible.
Retour sur Beyrouth. Départ 18H30 Arrivée 3H30. C'est long.
Jeudi : C'est aujourd'hui. A défaut de pouvoir se laver à l'eau chaude, je me rase.
Adieu ma première barbe aussi longue.
Tout se calme de nouveau. Comme avant la tempête ?
Va savoir …
A bientôt !
dimanche 31 octobre 2010
Comment va la France des feux de bois dans la cheminée, l'hiver approchant ?
Tout se tient.
Au commencement, il y a le concert de Khaled Al Habre, petit gros à lunettes ET chanteur communiste libanais. (OUI ça existe).
Les mélodies répétitives, le mélange assez réussi entre jazz et musique oriental, et les jeunes avec le Che dans le dos, parviennent presque à me tenir éveillé (pas vraiment, mais c’est le geste qui compte).
Je dois avoir encore un peu de mal à saisir l’ironie en langue arabe. Mais Hamdoulila, Khaled chante Hamra, son tube.
Michella est soulagée, elle était venue pour l'entendre. Pour moi, tout roule, j’achète l’album.
Et puis, Michella devient nostalgique, elle part dans 5 jours, les souvenirs remontent.
Elle part maintenant dans 3 jours, on est samedi soir, je rentre du boulot. Fête d'adieu.
Elle est saoule. « Soit je vais vomir, soir je vais mourir ».
En bons colocs on l’aide, on l’écoute, on se marre bien. (Elle finit par vomir).
Elle est apathique, elle part dans 2h. Dernière soirée sur la terrasse avec elle, et les copains.
Elle s’en va. Pleurs. « On s’revoit bientôt ». Voiture qui démarre. On court derrière la bagnole.
On cherche une nouvelle coloc.
En parlant de l’appart et du boulot, et de la langue arabe, et de résistance, et de … OH MY GOD, Tout se tient.
La tension monte depuis ces dernières semaines au Liban.
Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça se répercute directement sur l’appart.
Il rentre en guerre avec nous, l’appart. Mais de manière vicieuse.
C’est toujours quand on se motive pour faire la vaisselle, quand on veut tirer la chasse, on prendre une bonne douche qu’on n’a plus d’eau.
Autant dire qu’on comprend la manœuvre, et qu’on refuse de se laisser faire.
On investit la table du salon pour la transformer en terrain de ping-pong.
Devant la fermeté de notre interlocuteur (l’appart), et le refus de toutes négociations, on amplifie le mouvement.
C’est parti pour deux soirées de réaménagement de l’espace en mode art-déco post moderne.
Le meuble n’est plus. L’imagination est au pouvoir. La fierté remplit le cœur des manifestants.
Cependant le mouvement ne tarde pas à s’affaiblir.
Les commodités premières (comme une chaise pour s’asseoir) faisant défaut, des divergences naissent au sein du corps social mobilisé. L’ordre revient finalement à Jeitawi.
Retraites-Appart Même combat !!!
Jeudi, il fait gris pollution sur Beyrouth, j’ai ma plus belle chemise sur les épaules et un dictaphone dans mon sac.
C’est parti pour l’entretien avec Fouad Abou Nader. Homme d’une cinquantaine d’années, politique plutôt en retrait, mais plutôt convaincant. Ancien dirigeant militaire d’une des plus puissantes milices libanaises durant la guerre (le combat ça le connait), proche de feu Bachir Gemayel, il nous livre quelques commentaires sur son expérience, et nous offre une part de gâteau au chocolat.
C’est dur dur la science politique.
Et encore, surement un peu moins que d’être stagiaire préposé aux pages sport d’Al Balad.
Le boulot, expliqué trop rapidement par un pote, consiste, le Samedi de 14h à 23h (ou plus pour les débutants-genre moi) à copier coller des dépêches AFP dont tout le monde se moque, à leur trouver un titre, une belle photo, et autres tâches passionnantes… et ce pour 15 articles.
C’est naze, et ça ruine tout espoir de voyage le WE.
J’apprends quelques trucs, quand même : gérer le stress, l’autonomie, la mise en page …
Ma pratique est trop faible, et ma progression donc trop lente, pour que je puisse espérer écrire un vrai article un jour, après avoir bouclé toutes les pages sport-insolite-éco … !
Je me barre. J’irai taper à d’autres portes plus tard.
A moi les vrais WE, finis les WE se résumant à un dimanche de glande.
A l’image des deux dimanches suivant les deux samedi de boulot à Al Balad. (oui, j’ai lâché le boulot au bout de deux jours, c’est pas glorieux, mais j’assume).
Le quartier est chrétien. On ne veut pas faire de vagues. Ici pour le jour de repos, on se repose.
Donc le dimanche, j’apprends l’accordéon à mon coloc. On décide de partir pique-niquer à 18h. On s’achete du Kiri à l’épicier. Je me fais avaler ma carte bleue. On a les poches vides. On rentre manger notre Kiri. On joue à Devine à qui je pense.
Ou bien, on revise l’accordéon, on joue aux cartes, et on fume une petite chicha !
La mer est calme, aucune vague à l’horizon.
Ce samedi matin, le journal tournera sans moi, la voie est libre.
Malgré le coucher tardif de la veille pour cause de festival de vin à Beyrouth, aujourd'hui c'est visite du Musée de la Résistance.
A 2 bonnes heures au Sud de Beyrouth, en plein dans la montagne, une petite propagande pro-Hezbollah ça réveille.
C’est assez effrayant, de voir une vraie propagande affichée comme ça. C’est intéressant quand même.
Il faut aimer les habits de soldats, les munitions, les chars israéliens, brandis comme un trophée.
A part cette période assez militante, sans parler de la manif des français de Beyrouth contre la loi des retraites que j’envisage d’organiser le 6 novembre,
la vie continue.
J’emprunte toujours pas mal de CD à la médiathèque,
je mange toujours pas mal de Hoummous, et de Fool (spécialité d’ici qui vas pas tarder à arriver),
je pense toujours pas mal à vous (j’ai pris mon billet pour noël (17 décembre-4janvier))
et la prof d’arabe est toujours au top niveau. Après la Gym Tonic en plein cours, au tour des jeux de cartes, des chaises musicales et autre Dessinez c’est Gagner, pour apprendre le libanais.
Ce qui explique peut être le fait que je saisisse difficilement l’ironie en libanais.
Tout se tient.
Plus ou moins.
mercredi 13 octobre 2010
Costa Coffee, Mercredi soir, Comment va la France victorieuse ? Celle de Karim Benzema, de Yoann Gourcuff, et de Laurent Blanc !
D'abord, D'abord (comme dirait l'autre ) ,
D'abord merci à vous tous qui lisez ce blog et qui semblez l'apprécier.
Merci de me le faire savoir, mais ça me gêne ...
( mais ça me fait plaisir quand même, alors continuez)
C'est con, mais maintenant, j'ai pas envie de vous décevoir ...
L'automne arrive ici avec un président iranien.
La fraîcheur du soir est agréable sur la terrasse,
surtout quand elle est partagée autour d'une bière et d'un jeu de cartes ( Stupides Vautours ).
Elle l'est moins en montagne, quand elle nous pousse à rentrer sur Beyrouth trop tôt d'une soirée hippie chic de samedi soir.
Les feuilles mortes ne se ramassent pas encore à la pelle. Peut être est-ce du aux peu d’arbres présents ici.
Les opportunités, la chance du au hasard, au contraire, si.
Une pseudo-carrière de journaliste pourrait bien commencer pour moi en tant que stagiaire chargé aux pages économie et sport d'Al Balad, un jour par week-end.
C'est cool, plutôt excitant, un peu effrayant.
Je ne sais pas quoi dire.
J’aimerai vous livrer une petite synthèse.
Du style : Il y mes colocs que j’adore, « et j’dis pas ça parce que je suis bourré », ni parce qu’ils tiennent à ce que je parle d’eux sur mon blog.
Mais l'attente d'une clarification de la situation est inutile.
Tout évolue ici. Va trop vite. ( ce qui ne change pas le fait que j'aime bien mes colocs )
Des projets en pagaille…
Partir en Syrie
Etudier l’impact d’une politisation croissante en temps de crise à travers l’approche de la musique par les jeunes libanais
Partir en Jordanie
Chanter Ginette en arabe
Faire une pendaison de crémaillère à l’appart
Arrêter de trop regarder TV5 Monde
« A mi chemin … »
Je vous laisse.
Je pense bien à vous
A lundi, interro surprise sur l'actualité économico-sportive libanaise !
lundi 4 octobre 2010
Comment va la France des menaces terroristes et des Tours Eiffel désaffectées ?
Environ une semaine depuis mes dernières nouvelles, une semaine assez banale… et pourtant, il y aurait tant à dire, à écrire…
Il y aurait cette routine de cours qui s’installe progressivement, et celui délirant de libanais ou, après avoir répéter chacun la même phrase à une prof surement (trop ?) soixante-huitarde, on tous doit se lever, tourner en rond dans la salle durant 5 mn au son de sa vielle cassette audio de chansons traditionnelles.
Il y aurait ces petits « rab » de vacances qu’on s’octroie entre copains, en partant se jeter dans l’eau tiède de la plage de Byblos, un dimanche soir au soleil qui ne se couchera que sur le chemin du retour.
Il y aurait cette fatigue de Beyrouth qui commence à grandir. Et pour cause, la vie d’étudiant ce n’est pas de tout repos.
Entre la (fausse) soirée de départ de Judith du jeudi, l’anniversaire de Khaty et l’after sur la terrasse du vendredi, le barbec du samedi, et les discussions philosophico-artisitico-révolutionnario-sentimentales avec Judith, qui en fait est revenu, du dimanche, comment voulez vous qu’on tienne le coup ?
Comment voulez vous ? Au mental, et au verre de Nesquick dites vous ? Pas con !
Enfin que les choses soient claires, ce n’est pas la fatigue qui m’a empêché de rédiger mon contrat de bail. Et pour que les choses soient vraiment claires, quand je dis rédiger mon contrat de bail, j’entends me réveiller un peu fatigué de la fête de la veille (oui c’est un euphémisme, j’ai appris que Mamie aller lire le blog, je t’embrasse Mamie) dire bonjour au proprio descendu de sa montagne pour l’occaz, et retranscrire, cash bien posé dans mon canap’, le papier au terme d’une traduction arabe-anglais anglais-français réalisé avec brio par mon coloc.
Me voici locataire officiel d’une colocation de 3 chambres-2salles de bain-une demi douzaine de balcons et comble du raffinement bobo-écolo : non pas l’abonnement à Yogume (promis je te l’offre Caro pour Noel), encore mieux, et c’est là qu’on voit que le Liban est en avance sur nous en matière d’écologie, de l’eau qu’un jour sur deux, économie assurée! Qui l’eut cru ? Moi le chantre du Petit Bain du matin pour bien commencer la journée, devenir l’activiste vert N°1 !
Il y aurait aussi, et comment pourrait-il en être autrement, le temps qui passe. Et avec lui des moments plus calmes, des images de France et d’ailleurs qui passent, des souvenirs qu’on se remémorent et des moments qu’on inventent, ici mes potes qui font j’sais pas trop quoi, et là la famille qui en fait autant, des images de Bertrant Cantat de retour sur scène, de manifs, et de météo pluvieuse.
Il y aurai tout cela, plus encore et pourtant il manquerai l’essentiel. L’impact encore trop flou d’un éloignement de trois semaines de son pays ou bien l’impact d’un plongeon de trois semaines dans la vie beyrouthine.
Regardez sur la carte du monde, vous voyez comme le Liban est petit.
C’est faux, archi-faux. Beyrouth est gigantesque, j’y suis tout petit.
Et pourtant, ici, maintenant, je me sens grandir !
A bientôt
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